PhiDoc lance, le 16 septembre 2026 à Marrakech, une plateforme intégrée dédiée à l’ensemble de l’écosystème de recherche marocain et africain. Son objectif est de combler une faille informationnelle qui, du Maroc au reste du continent, pousse une large part des doctorants à abandonner leur thèse avant de la soutenir ; un constat documenté par plusieurs études, dont celle de l’ancien Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Abdellatif Miraoui (90 %).
Cette date n’a pas été choisie au hasard : le 16 septembre correspond à la Journée internationale de la science, de la technologie et de l’innovation pour le Sud, une observance des Nations unies créée précisément pour donner de la visibilité aux initiatives qui renforcent les capacités de recherche des pays en développement.
En tant que startup EdTech positionnée au cœur de l’écosystème africain de la recherche, PhiDoc s’attaque à une crise documentée : avec plus de 40 000 étudiants inscrits au cycle doctoral en 2023-2024, ce taux d’abandon représente une perte massive de potentiel scientifique pour le continent.
Les causes sont documentées et, pour l’essentiel, structurelles : thèses non financées, encadrants suivant des dizaines de candidats simultanément, accès limité aux bases de données internationales, longues périodes d’isolement. S’y ajoute un problème plus discret, celui de l’information : les appels à bourses, à financements et à communications circulent par les encadrants, les listes de diffusion et les groupes WhatsApp, de manière inégale, et souvent trop tard. Cette faille informationnelle n’est pas seulement marocaine mais aussi africaine. À travers le continent, les chercheurs font face aux mêmes obstacles : financement limité, encadrement insuffisant, isolement académique et difficulté d’accès à l’information sur les opportunités de recherche et de financement.
PhiDoc est née d’une frustration concrète. En 2025, Oussama Elasri, alors chercheur PhD à l'université Cadi Ayyad en sciences de gestion, a découvert une opportunité Erasmus+ le lendemain de sa clôture. Il a commencé à tenir un tableur de tous les appels qu’il parvenait à recenser, puis l’a partagé avec ses collègues de laboratoire, qui l’ont partagé à leur tour. PhiDoc est ce tableur, reconstruit.
« Ce que produisent les chercheurs marocains n’est pas le problème. C’est l’infrastructure autour de ce travail qui l’est », déclare Oussama Elasri, fondateur de PhiDoc. « Un chercheur à Marrakech et un chercheur à Lyon peuvent avoir exactement la même idée ; un seul des deux entendra parler à temps de l’appel qui la financera. Cet écart n’a rien à voir avec le talent, et c’est le moins coûteux à combler. »
La plateforme rassemble en un seul espace ce qu’un doctorant suit aujourd’hui à la main. Les chercheurs y cartographient leur thèse par phases et par jalons, reçoivent des appels à financement et à communication filtrés selon leur discipline et leur stade de carrière, et consultent un annuaire de chercheurs marocains, au Maroc comme à l’étranger, pour identifier des collaborateurs. Un assistant de recherche répond aux questions de méthodologie et de rédaction. Ceux qui mènent des enquêtes quantitatives ou qualitatives peuvent recruter des participants au sein de la communauté selon un système de réciprocité, plutôt que de solliciter à froid sur des groupes Facebook.
Le programme de mentorat vise le point faible le plus documenté du système. Les professeurs, notamment issus de la diaspora scientifique marocaine, peuvent s’y inscrire comme mentors et être mis en relation, à la demande, avec des doctorants ; les séances sont ensuite suivies au sein de la plateforme. Ce dispositif incarne une réponse africaine au défi de la fuite des cerveaux : inverser le flux en créant des opportunités de collaboration à distance et de transfert de savoir entre chercheurs du continent et de sa diaspora. Les inscriptions de mentors sont ouvertes dès aujourd’hui.
PhiDoc commence par le Maroc parce que c’est là que son fondateur a vécu le problème. Mais le déficit qu’elle comble n’est pas marocain : il est aussi africain. Selon les Nations unies, les pays à revenu élevé concentrent 77 % de la dépense mondiale de recherche et développement, quand les pays à faible revenu en représentent 0,3 %. « Le fossé est le même de Casablanca à Dakar, de Tunis à Dubaï : ce ne sont pas les chercheurs qui manquent, c’est ce qui les relie », ajoute Oussama Elasri.
PhiDoc prévoit d’étendre sa plateforme au continent africain puis à la région MENA après une première année d’exploitation au Royaume. Cette trajectoire s’inscrit dans une stratégie de renforcement structurel des capacités de recherche en Afrique : mettre à disposition des doctorants et chercheurs les outils d’infrastructure informationnelle qui font défaut, et créer un écosystème numérique de partage au-delà des frontières nationales.
La plateforme est bilingue français-anglais et accessible dès aujourd’hui sur phidoc.org. L’inscription est ouverte aux doctorants, jeunes chercheurs et professeurs. Des accès institutionnels sont proposés aux centres d’études doctorales, aux laboratoires ainsi qu’aux universités partenaires.



