La progression constante du nombre de détenus au Maroc continue de mettre à rude épreuve les établissements pénitentiaires, malgré les réformes législatives engagées et les efforts déployés pour accroître leur capacité d’accueil. Le phénomène de surpopulation carcérale s’impose désormais comme une difficulté structurelle, qui ne saurait être résolue par la seule construction de nouvelles prisons ou par l’élargissement des mesures de libération.
Lors d’une réunion de la commission de la justice, de la législation, des droits de l’homme et des libertés à la Chambre des représentants, consacrée à la présentation du budget sectoriel de l’administration pénitentiaire, le délégué général chargé de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion a présenté des chiffres particulièrement révélateurs. À la fin du mois d’octobre, la population carcérale s’élevait à environ 102 941 personnes, contre 98 692 à la même période de l’année précédente. Cette évolution confirme une tendance haussière observée depuis plusieurs années, avec un taux de croissance annuel estimé à près de 5 %.
Cette augmentation exerce une pression croissante sur l’ensemble de l’appareil pénitentiaire. Les infrastructures et les équipements doivent répondre à des besoins toujours plus importants, tandis que les ressources humaines sont confrontées à une charge de travail accrue. À cette contrainte opérationnelle s’ajoute le poids financier de la détention, qui englobe la sécurité, l’hébergement, l’alimentation, les soins médicaux ainsi que les programmes d’éducation, de formation et de réinsertion destinés aux détenus.



