Plusieurs femmes ayant rejoint Sebta lors des passages massifs enregistrés fin juillet disent vivre dans la crainte d’agressions alors qu’elles dorment à proximité du centre d’accueil, actuellement saturé. Des associations alertent sur leur vulnérabilité, tandis que les autorités judiciaires ont confirmé le traitement de plusieurs affaires de violences sexuelles.
Plusieurs migrantes installées aux abords du Centre de séjour temporaire pour immigrés (CETI) de Sebta ont fait état de harcèlement et de violences sexuelles dans un contexte marqué par la saturation des structures d’accueil, rapporte Reuters. Plus d’une dizaine de femmes ont installé un campement de fortune sur une zone boisée située à proximité du centre, où elles dorment sur des cartons, des matelas gonflables et des couvertures. Le CETI accueille actuellement environ 700 personnes, soit 200 de plus que sa capacité, selon les autorités locales citées par l’agence.
Ces femmes font partie des milliers de personnes entrées à Sebta depuis le Maroc lors des passages massifs du 30 juillet. Entre 5.000 et 8.000 migrants se trouveraient encore dans la ville plus de deux semaines après ces événements, qui avaient vu quelque 72.000 personnes franchir la frontière, selon les chiffres rapportés par Reuters. Si la majorité des arrivants étaient de jeunes hommes, des femmes et des enfants ont également effectué la traversée. Mardi, 2.168 mineurs avaient été enregistrés, tandis qu’environ 500 demandes d’asile émanant d’adultes avaient été déposées à la fin de la semaine dernière.
Le principal syndicat de police espagnol, le SUP, affirme que 15 agressions sexuelles de différents degrés de gravité auraient été signalées à Sebta depuis le 30 juillet, la majorité des victimes étant mineures. Ce chiffre n’a toutefois pas été confirmé par le ministère espagnol de l’Intérieur ni par la police. Les autorités judiciaires de Sebta ont, de leur côté, confirmé la semaine dernière avoir traité trois affaires d’agressions sexuelles visant des migrantes et impliquant, selon les accusations, des migrants marocains arrivés durant l’afflux massif.



