L'instruction suit son cours dans l'affaire dite des « bulletins de vote » de Tanger. Mounir Limouri, maire de la ville et responsable provincial du Parti authenticité et modernité (PAM), a été entendu pendant plusieurs heures ce mercredi par le juge d'instruction près la Cour d'appel de Tanger, rapporte Hespress.
Selon les sources du média, l'audition a porté sur l'ensemble des éléments du dossier, dans lequel huit personnes sont poursuivies au total. Le magistrat devrait de nouveau convoquer l'élu la semaine prochaine pour poursuivre son interrogatoire.
Cette audition détaillée avait initialement été reportée le 13 octobre, à la demande de la défense, qui avait fait valoir l'état de santé de son client.
Les chefs de poursuite
D'après Hespress, Mounir Limouri est poursuivi notamment pour atteinte aux opérations électorales en vue d'en modifier le résultat, participation à la falsification d'un document public et corruption. Ces poursuites s'appuient sur la loi organique relative à la Chambre des représentants et sur plusieurs articles du Code pénal.
Il est placé en détention provisoire depuis le 2 octobre. Il avait été interpellé à l'aéroport Tanger Ibn Battouta, à son retour de Malaga, en vertu d'un avis de recherche national, puis présenté au juge à l'issue d'une garde à vue d'environ 72 heures.
Une enquête ouverte le jour du scrutin
L'affaire remonte au 23 septembre, jour des élections législatives. Une personne avait été interpellée avec une valise contenant des bulletins de vote provenant d'un bureau installé dans une école du quartier Casabarata. Les enquêteurs cherchent depuis à établir l'origine de ces bulletins et les conditions dans lesquelles ils auraient quitté le bureau de vote avant d'y revenir.
Toujours selon Hespress, les investigations ont mené à un hôtel de la ville et se sont appuyées sur des images de vidéosurveillance récupérées, ainsi que sur l'analyse de téléphones et de communications. Ces éléments doivent encore être examinés dans le cadre de l'instruction.
À ce stade, les faits reprochés aux personnes mises en cause restent soumis à l'appréciation de la justice, et Mounir Limouri bénéficie de la présomption d'innocence.



